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Biographie

Invité dans les principaux festivals (Salzbourg, Berlin, Bath, Aldeburgh, La Roque d’Anthéron…), Florent Boffard a joué entre autres sous la direction de Pierre Boulez, Simon Rattle, Leon Fleisher, Péter Eötvös avec l’Orchestre National de Lyon, le Philharmonisches Orchester Freiburg, le NDR Elphilharmonie Orchester, WDR Sinfonieorchester Köln, l’Orchestre Philharmonique de Radio France… Soliste de l’Ensemble Intercontemporain de 1988 à 1999, il a côtoyé les principaux compositeurs de notre temps et effectué la création de pièces de Boulez, Donatoni, Ligeti…
En 2010, il a présenté en direct sur Arte « Chopin, une écoute aujourd’hui » à La Folle Journée de Nantes. Soucieux d’aider le public à une meilleure compréhension du répertoire contemporain, il a également réalisé de nombreux ateliers et présentations de concerts, en particulier au Festival de La Roque d’Anthéron. En 2019, Florent Boffard était l’invité du MusikFest Berlin et de l’Elbphilharmonie à Hambourg dans le cadre de «Portrait» consacré au compositeur George Benjamin.
Florent Boffard a en outre écrit le film « Schœnberg, le malentendu » qui accompagne son enregistrement de l’œuvre pour piano de Schœnberg paru chez Mirare en 2013, enregistrement récompensé par « 5 Diapasons » dès sa sortie et noté « Editor’s choice » par le magazine Gramophone. En septembre 2018, son disque « Racines » consacré à Bartok paraît chez Mirare; un disque unanimement salué par la presse et à nouveau distingué par un Gramophone « Editor’s choice ».
Parmi ses enregistrements, on trouve aussi les Structures pour deux pianos de Boulez avec Pierre-Laurent Aimard, la Sequenza IV pour piano de Berio (DG), les Études pour piano de Debussy et Bartók, les Sonates pour piano et violon de Fauré avec Isabelle Faust (Harmonia Mundi) et le « Concerto pour piano » de Borowski (création mondiale) avec le DSO Berlin paru chez Wergo en 2014.
En 2001, la Fondation Forberg-Schneider (Munich) a décerné à Florent Boffard son Prix Belmont pour son engagement dans la musique d’aujourd’hui. Il a enseigné au Conservatoire National Supérieur de Lyon et à la Musikhochschule de Stuttgart. Depuis 2016, il est professeur de piano au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris.

Entretien avec Florent Boffard

ResMusica : Remontons aux sources, Florent Boffard. Vous entrez au CNSM dans la classe d’Yvonne Loriod à 12 ans, ce qui n’est pas banal. Avez-vous grandi dans une famille de musiciens ?

Florent Boffard : Ma mère n’était pas musicienne mais mon père était facteur de piano et d’orgue ; c’était un passionné de musique qui a d’abord mis au clavier ma sœur et mon frère qui sont plus âgés que moi, en développant des idées pédagogiques incroyables dont j’ai bénéficié quand ce fut mon tour d’être initié. Sur la partition qu’il mettait sur le pupitre, il plantait avec un système d’aiguilles des petits drapeaux qui me signalaient les dangers qui se profilaient, celui de la fausse note, de la dynamique, du rythme, etc. Il avait trouvé le moyen d’articuler la pratique musicale et l’esprit ludique ; j’étais un gamin qui adorait jouer et c’était là le biais qui convenait.